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Accueil > Le Smage > Les Actions > Les actions « ressource en eau QUANTITE »

Les écosystèmes aquatiques et les usages (alimentation en eau potable, baignade, pêche, irrigation, etc) sont conditionnés par la qualité de la ressource en eau mais également par sa quantité, la quantité d’eau étant elle-même un facteur déterminant de la qualité.

En contexte méditerranéen, la faible pluviométrie sur certaines périodes de l’année a pour conséquence un déficit hydrologique sur certains secteurs en période estivale voire hivernale au cours de certains hivers assez secs. Ce déficit peut être naturel et même favorable au développement d’espèces inféodées aux milieux dits temporaires. Il peut également être naturel et lié à la nature géologique du sous-sol tel qu’on peut l’observer sur le bassin versant des Gardons sur certains tronçons où l’eau de surface s’infiltre dans les calcaires karstifiés (secteur de la Grand Combe et entre Ners et les Gorges du Gardon) laissant alors apparaître des tronçons de cours d’eau à sec durant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Néanmoins, sur d’autres secteurs un certain nombre d’espèces est lié à la disponibilité d’habitats aquatiques, eux-mêmes liés à des débits des cours d’eau suffisant. Sur les secteurs cévenols par exemple, où le sous-sol est majoritairement granitique ou schisteux, les réserves souterraines sont très faibles et l’écoulement des cours d’eau est fortement corrélé à la pluviométrie. Les prélèvements dans le cours d’eau ou sa nappe d’accompagnement ont donc une influence rapide sur la quantité d’habitats d’espèces disponibles.

Ainsi, en contexte méditerranéen, une exploitation importante voire excessive de la ressource peut avoir des conséquences dommageables pour les écosystèmes mais également pour le maintien des usages. L’enjeu est donc d’adopter des modes de gestion permettant un équilibre entre le besoin des milieux et les besoins des usages.

La situation de tension identifiée sur le bassin versant des Gardons a conduit à la réalisation de plusieurs études visant à mieux comprendre le fonctionnement et les enjeux liés à la ressource et mettre en place une gestion en conséquence. Le SAGE des Gardons adopté le 18 décembre 2015 fait par ailleurs de la gestion quantitative un enjeu phare.

 

Au regard de la récurrence des arrêtés sécheresse depuis le début des années 2000 liée à des situations de tension sur la ressource de plus en plus fréquentes, le SMAGE des Gardons a engagé une étude appelée Plan de Gestion Concertée de la Ressource (PGCR) en 2007 dont l’objectif était d’établir un diagnostic complet de l’état de la ressource en eau sur le plan quantitatif afin de donner un cadre pour une gestion adaptée à la situation sur le bassin versant.

A partir des données historiques de mesures des débits des cours d’eau, des données de précipitations et d’évapotranspiration, des données de prélèvements (Alimentation en Eau Potable - AEP, Irrigation, Industrie), des débits-cibles sur certains points du bassin versant, ont été déterminés. La définition de ces débits à des fins de gestion, a poursuivi l’objectif de concilier le besoin des milieux en tout temps et le maintien des usages à minima 8 années sur 10.

La valeur de ces débits-cibles n’a pas de portée règlementaire ; déterminée au pas de temps mensuel, elle n’a pour objectif que de donner un cadre de gestion et d’en mesurer l’efficacité et ce, à l’échelle de sous-bassin afin d’avoir une gestion la plus fine et la plus contextualisée possible.

Des actions de gestion ont été définies à travers ce PGCR telles que :

  • Mieux connaître les termes du bilan hydrique par la réalisation d’études sur les karsts, l’amélioration du réseau de suivi de la ressource superficielle, l’amélioration de la connaissance des usages, le partage et la diffusion de l’information (observatoire de la ressource).
  • Optimiser les prélèvements à destination de l’eau potable par l’amélioration des économies d’eau et notamment des rendements de réseaux.
  • Améliorer la gestion des prélèvements agricoles cévenols notamment par béals,
  • Réaliser des plans de gestion de la ressource pour des secteurs prioritaires,
  • Optimiser le soutien d’étiage par les barrages de Ste Cécile d’Andorge et des Cambous,
  • Mobiliser de nouvelles ressources comme alternative pour l’Alimentation en Eau Potable, par la réalisation d’ouvrages de stockage saisonnier, etc.
  • Réaliser une étude des volumes prélevables

Télécharger le PGCR

Financeurs : Agence de l’eau / SMAGE des Gardons

La stratégie de gestion quantitative lancée suite à l’adoption du PGCR des Gardons, prévoyait de décliner le PGCR localement de manière à mettre en œuvre une gestion opérationnelle et des actions sur le terrain. Dans cette optique le SMAGE des Gardons a lancé deux plans prioritaires en 2011, sur le Gardon de Saint Jean et la Salindrenque. L’étude a été confiée à BRLi pour une enveloppe de 160 000 €TTC. L’étude s’est déroulée sur l’année 2011 avec de nombreuses investigations de terrain (mesures de débits, caractérisation de béals…) durant l’étiage.

Dans la continuité de cette première étude, deux plans locaux de gestion ont également été réalisés, l’un sur la branche du Gardon de Mialet porté par le SMAGE des Gardons (BRLi, 47 840 € TTC), le second sur le Galeizon, porté par le Syndicat Mixte des Hautes Vallées Cévenoles (ex Syndicat Mixte de la Vallée du Galeizon).

Ces plans de gestion sont en phase de mise en œuvre avec notamment l’accompagnement des gestionnaires de béals : mise en conformité des prises d’eau avec la règlementation, dispositif de comptage, optimisation du prélèvement.

Financeurs : Agence de l’eau / SMAGE des Gardons

Dispositif de respect du débit réservé à Saumane sur le Gardon de St jean et Echelle de comptage des volumes prélevés à Malérargues sur la Salindrenque :

L’étude volumes prélevables a été lancée en juin 2012 sous la maîtrise d’ouvrage du SMAGE des Gardons, avec comme objectif de quantifier le déficit quantitatif sur le bassin versant identifié par le SDAGE Rhône Méditerranée Corse. Elle s’est achevée en avril 2016.

Ce type d’étude a fait l’objet en France d’un cadrage de la méthode par les Agences de l’eau, la DREAL et l’ONEMA. Sur le principe de définition de débits-cibles établis par sous-bassins pour maintenir en tout temps le débit nécessaire aux besoins des milieux et 8 années sur 10 aux usages, l’étude volumes prélevables a permis de déterminer les secteurs sur lesquels on rencontre un déséquilibre quantitatif à certaines périodes de l’année. Autrement dit, lorsque le débit disponible dans le cours d’eau est inférieur au débit-cible.

La situation de tension sur la ressource en eau confirmée par les résultats de l’EVP justifie l’élaboration d’un Plan de Gestion de la Ressource en eau – PGRE – afin de mettre en œuvre un plan d’action visant à résorber ce déficit.

Télécharger l’EVP

Financeurs : Agence de l’eau / SMAGE des Gardons

Les différentes démarches achevées ou en cours (PGCR, plans locaux, Etude des volumes prélevables) ont souligné le déficit important de connaissance sur les débits d’étiage, notamment dans les secteurs cévenols et sur le tronçon du Gardon d’Alès en lien avec le karst Hettangien (perte du Gardon à l’aval de La Grand Combe, résurgences à l’amont d’Alès, efficacité du soutien d’étiage du barrage de Sainte Cécile d’Andorge).

Le SMAGE des Gardons a travaillé durant de nombreuses années avec le CNRS dans le cadre du projet pilote sur la ressource en eau à Peyrolles. Dans ce cadre, le CNRS a mis en place différentes stations de suivi de débits d’étiage pour des coûts modestes. Un échange avec le CNRS et l’université d’Avignon a mis en évidence la possibilité de tester l’installation de différentes stations hydrométriques provisoires en lien avec les besoins spécifiques du SMAGE pour la gestion de l’étiage et pour l’amélioration des connaissances. Une convention entre l’Université d’Avignon et le SMAGE des Gardons a été signée le 30 mars 2015 permettant l’installation et le suivi de 10 stations limnimétriques afin de répondre aux objectifs suivants :

  • Suivi des points d’entrée et sortie du Gardon d’Alès dans le karst Hettangien,
  • Suivi des débits d’étiage des cours d’eau cévenols en appui de l’optimisation de la gestion des béals,
  • Faisabilité d’un observatoire participatif des débits d’étiage en Cévennes.

Financeurs : Agence de l’eau / SMAGE des Gardons

Le besoin de mieux connaître le fonctionnement des karsts et leur rôle dans le bilan hydrique, identifiées dans le PGCR, est un enjeu fort pour la gestion future de la ressource en eau.

Le karst hettangien se situe entre la Grand Combe et Alès. Celui de l’urgonien est plus vaste. Il s’étend de Ners à Remoulins en Gardonnenque, dans l’uzège jusque dans les gorges du Gardon.

Localisation des karsts hettangien (marron) et urgonien (bleu) sur le bassin versant des Gardons

Des études ont déjà été réalisées sur les systèmes karstiques hettangien et urgonien dans les 50 dernières années mais elles ne permettent pas de répondre complétement à plusieurs questions prépondérantes en matière de gestion de l’eau actuelle et future : quelle est l’efficacité du soutien d’étiage assuré par le barrage de Ste Cécile d’Andorge au regard des pertes dans le karst dans le secteur Grand Combien ? Quel est l’impact des prélèvements dans les karsts sur le débit des cours d’eau (effet tampon du karst lié au temps de transfert de l’eau) ? Quelle est la possibilité de créer de nouveaux prélèvements dans les karsts ?

Dans cette optique, le SMAGE des Gardons, assisté par le BRGM (Assistant à Maître d’Ouvrage), a lancé une étude hydrogéologique en 2016 afin de mieux comprendre le fonctionnement de ces 2 hydro-systèmes et leurs relations avec le Gardon et ses affluents. Cette étude doit permettre de définir le plus précisément possible leur structure et leur fonctionnement notamment en lien avec les cours d’eau (volumes transitant, axes d’écoulement, vitesses de transfert, relations nappes/rivière).

Une convention de co-maîtrise d’ouvrage pour la partie étude du karst hettangien et l’AMO correspondante a par ailleurs été signée par le SMAGE des Gardons et le SIAEP de l’Avène. Ce dernier contribuant à hauteur de la moitié de l’autofinancement.

Les deux premières années ont permis :

  • un important travail de collecte et d’analyse bibliographique,
  • la réalisation d’un piézomètre au niveau des pertes du Galeizon (Cendras - Malataverne),
  • l’instrumentation de six ouvrages (piézomètres et/ou forages AEP) afin de collecter en temps réel les données piézométriques (pression, conductivité, température) : Champ captant AEP du Gravelongue (SIDEA Grand Combienne), Champs captant AEP des Dauthunes et des Plantiers (SIAEP de l’Avène), Source de la Tour (Alès), Piézomètre du Galeizon et le forage de la Grotte de Pacques (Collias). Le SMAGE des Gardons dispose ainsi d’un accès à un serveur permettant de suivre le niveau piézométrique sur ces secteurs en temps réel.
  • le jaugeage de plus de 30 sites sur les 2 secteurs d’étude avec mesures du débit, et le cas échéant de la conductivité et la température lors de 4 campagnes entre juin et octobre. Ce dispositif complète les données récoltées par les stations de mesures pérennes (SPC, convention CNRS/SMAGE) et permet de quantifier les pertes et résurgences liées aux karsts et d’établir des relations entre débits des cours d’eau et niveau piézométrique des karsts.
  • le traçage par des colorants de plusieurs secteurs de pertes (infiltration des eaux de surface dans le karst) afin d’identifier les axes de passages de l’eau dans le réseau karstique, définir les vitesses de transfert, mieux comprendre la géométrie du réservoir, etc. Ces opérations de traçages sont prévues sur le karst urgonien et sur le karst hettangien.

D’autres actions sont prévues dans le cadre de l’étude :

  • campagnes d’analyse géo-chimique,
  • analyse géomorphologique et structurale des deux systèmes karstiques.

L’étude se déroule entre 2016 et 2019.